Nouvelle publication

Frédéric Vincent Painting 2015-2018

Alternative éditions Paris/Berlin, 2018

Les préoccupations que j’ai pour le livre et les expositions suggèrent de penser les liens qui les unissent. Dans la vie, l’on ne sait faire que deux ou trois choses. Pour ma part ce sont des livres et des expositions. Il faut préciser que j’assume pleinement la double activité d’artiste-curateur. Je l’ai d’ailleurs rendu public à travers une soutenance de thèse dont le sujet est « L’artiste-curateur. Entre créations, diffusion, dispositif et lieux ». Une thèse dans laquelle sont étudié les différents types d’artistes-curateurs depuis plus de deux siècles, proposant une typologie de ces derniers. L’ensemble des réflexions et des recherches porte sur les liens entre art et réception de l’art à travers l’étude de Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jean-François Lyotard, Jacques Rancière, Jacques Derrida, du réalisme spéculatif (Quentin Meillassoux, Graham Harman) et de l’heccéité (Jean Duns Scot). En s’appuyant sur une étude épistémologique, à travers des expériences artistiques et curatoriales, il est question de rendre compte de la définition possible de l’artiste-curateur comme avant tout un créateur de lieu, de dispositifs, et d’espace d’exposition au service des autres ou d’un artiste assumant cette double pratique.

Les peintures de la série Curating Painting reprennent des vues d’expositions dont les commissaires furent des artistes, des artistes-curateurs. Ce travail pictural autour des expositions est ancré depuis plusieurs années dans un rapport à l’histoire. Faisant l’hypothèse du travail de la survivance de l’histoire passée. Dès lors, faire revivre l’histoire passée c’est aussi penser à travers une fiction artistique, laquelle est une forme assez inédite de repenser et de transmettre le passé, puisque des événements historiques y sont joints sous forme d’archives et de documents devant être perçus comme tels, et non plus comme des fictions à propos de ces événements. Dans chacune des peintures de cette série, notre perception visuelle est transposée de la troisième dimension aux deux dimensions de l’espace du tableau. Le regard est d’abord privé de son désir de compréhension, il se heurte à un phénomène troublant, la disparité des formats entre les vues d’expositions et les étagères de livres. Les vues d’expositions sont représentées plus petites que dans la réalité. Rien ne laisse supposer que ces dernières soient traitées comme des vues photographiques, elles semblent être dans des cadres, ceci est le cas pour un grand nombre de ces peintures : (Rolywholyover A Circus, The Bride and the Bachelors, La Cédille, Familly of Man, Ferus, Golden Factory, Kippenberger buro, Raid the Icebox). Cette impression est moins présente dans la peinture d’après l’exposition The Ancient Stole all Our Great Ideas. Elle est totalement absente dans les peintures : The Uncanny, et An exhibit. Le réseau d’étagères formé par l’alignement de livres devient un intervalle entre les images, des bordures ou monades, formant ainsi le cadre de l’image. Ces zones blanches sont à considérer comme des espaces entre (Zwischenraum). Ils sont essentiels à la compréhension de ce qui se joue, s’invente.

Remarquons que dans la perspective d’une expérience où l’interaction de l’être vivant et de son environnement fait partie du processus même de l’existence, ces œuvres sont l’accomplissement d’expériences, comme accumulation de la composante discursive (recherches en thèse), de questionnements heuristiques (réflexions du chercheur), de composantes artistique (recherche artistique) et des expériences personnelles de sa double activité (artiste et curateur). On peut cependant, confronté a ces œuvres, pris dans les lacs des motifs fragmentés, enchevêtrés dans de somptueux et barbares conglomérats, se hasarder dans les références et y voir des évocations de, Martin Kippenberger, Jorg Immendorf, Robert Rauschenberg, des répertoires emmêlés des transparences de Sigmar Polke, Jasper Johns, voire encore les fragments citatifs de Marcel Broodthaers ou Julian Schnabel. Il y a dans les dernières peintures, une évocation de la peinture vénitienne du XV au XVIIIème siècle. Nous pouvons dès lors discerner dans ses derniers œuvres des allusions à Paolo Véronèse, Le Tintoret, Vittore Carpaccio, mais si je devais n’en retenir qu’un cela serai surement Lorenzo Lotto. À l’heure de la redécouverte des expositions organisées par des artistes et à l’importance donnée aujourd’hui à la scénographie d’exposition, ce travail s’inscrit parfaitement dans son époque comme me le dit un jour Pierre Restany « quoi que vous fassiez, vous serez toujours de votre époque ».


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