le projet

Présentation

IMMANENCE
Centre d’artiste autogéré

L’espace d’art Immanence a ouvert le 25 janvier 2000 au 21 avenue du Maine 75015 Paris, à l’initiative de Cannelle Tanc et de Frédéric Vincent, diplômés de l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris. Depuis, plus d’une centaine d’expositions et d’évènements s’y sont succédé.

Immanence est un lieu d’exposition, de diffusion, de production, d’expérimentation en faveur de la jeune création contemporaine, rendant compte des divers champs artistiques actuels.
Nous sommes à une époque où la forme Art contemporain est aujourd’hui achevée. Nous sommes entrés dans la première période de cette forme actuelle qui n’est pas nommée, ce qui est d’ailleurs passionnant. Le paradigme de cette nouvelle forme caractérisée par son éclatement, sa multitude et son hétérogénéité.
C’est dans cette volonté de montrer une nouvelle forme que nous œuvrons.

Immanence est un centre d’artiste autogéré, nous pouvons aussi le qualifier d’ artist-run space, d’espace non-profit, de galerie associative, ou de lieu indépendant.

Considérant les œuvres d’art comme des archipels ayant besoin d’un plan de consistance qui leur permet de respirer, vivre et se déployer. Un plan d’immanence favorisant des rencontres inattendues, fortuites. Un espace d’exposition considérée comme un terrain d’expérimentation où se déploient des œuvres de toutes natures.
Valérie Ktourza rappelle : « C’est dans cet endroit préservé des outrages du temps et des modes qu’officient Cannelle Tanc et Frédéric Vincent, deux jeunes artistes qui ont représenté la scène française lors de la Force de l’Art 02 au Grand Palais. Les objectifs d’Immanence ? Répondre au besoin croissant d’exposition et montrer de la création toute fraiche. La programmation fait pour l’instant étant d’un parcours sans fautes » (Valérie Ktourza, L’Art Contemporain à Paris, Paris, Éditions Parigramme, 2004, 2009, p. 75.).

Pour Philippe Dagen « À l’initiative de Cannelle Tanc et Frédéric Vincent, ils ont commencé par créer une association, Immanence, et par lui trouver une adresse […] Fort bien : on ne sait que trop combien, en France, l’art contemporain a besoin d’initiatives ». (Philippe Dagen, Gagnez des œuvres d’art à la tombola d’Immanence, Paris, Le Monde, 28 janvier 2000).

Ce positionnement en marge, décalé des autoroutes de l’art contemporain, est souligné par Jean-Louis Pinte : « Quand de jeunes artistes prennent leur destin en main, ils deviennent souvent audacieux. Deux d’entres eux, Cannelle Tanc et Frédéric Vincent […] sont à l’initiative d’un espace d’un style nouveau ». (Jean-Louis Pinte, Nouvel espace, La Tombola de l’Art, Le Figaroscope, Paris, Janvier 2000).

À Immanence, chaque exposition est conçue selon des approches différentes. Pour la production des pièces, nous faisons appel à des partenariats publics et privés, le tout avec un budget de fonctionnement modeste. Immanence est perçu par les artistes comme un moteur potentiel dans leur parcours professionnel. Il en est de même pour les galeristes, collectionneurs, institutions et curateurs, venant prendre le pouls de la création actuelle : « D’ailleurs de plus en plus de galeristes et de conservateurs de musées viennent ici en repérage » souligne Valérie Ktourza.

Chez les artistes-curateurs fondateurs de lieux, l’activité artistique vit en parallèle à la gestion d’un lieu d’exposition. Ces artistes-curateurs énoncent un mode de fonctionnement alternatif à un modèle linéaire. Une exposition, organisée par un artiste ou à l’initiative d’un centre d’artiste autogéré, peut-être un modèle de production et de conception. Les lieux indépendants permettent dès lors, à de nombreux artistes de poser les bases de leurs réflexions. L’artiste-curateur propose un modèle transversal, liant ses compétences historiques, philosophiques à ses expériences artistiques, allant de la conception à la réalisation.

Quelle raison mène des artistes à vouloir montrer d’autres artistes ? Souvent, il s’agit de faire écho, de proposer au public un regard différent nourri d’expériences, de rencontres, d’envies. La ligne directrice des artistes-curateurs est une courbe, souvent insaisissable. Le défi est la réussite de la couverture d’un spectre très large, d’un champ hétérogène tout en restant attentifs et inventifs. Pour eux, l’exposition se présente comme un désert à peupler. La double activité se nourrit d’expositions vues mais aussi organisées, faisant avancer rapidement les artistes-curateurs.